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Patrimoine industriel

Cycle de conférences | Edition 2012-2013

Le septième cycle de conférences "Regards croisés sur le patrimoine" vous propose des clefs de lecture d’un aspect trop méconnu du patrimoine yvelinois : le patrimoine industriel.
Huit conférences organisées par les Archives départementales, de novembre 2012 à juin 2013

 

Sucrerie et distilleries : un pan oublié de
l'industrie agro-alimentaire des Yvelines

La Distillerie Duval du Noyau de Poissy, © AD78 | 27Fi16

Par Elisabeth GAUTIER-DESVAUX, Conservateur général du patrimoine, ancien directeur des Archives des Yvelines, Professeur associé à l’Université de Versailles-Saint-Quentin. Elle a notamment assuré la coordination scientifique du dernier numéro de l’Académie de Versailles consacré au patrimoine industriel des Yvelines (tome 94 – 2012, 170 p.)

Composante majeure de "l’industrie agricole" de notre département, du milieu du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, la culture et la transformation de la betterave sucrière  ont constitué une activité aussi florissante qu’éphémère, transcrite par l’implantation de nombreuses raffineries et distilleries dont subsistent de rares vestiges. Les documents conservés aux Archives des Yvelines, notamment dans les fonds préfectoraux liés à la surveillance des "établissements dangereux, insalubres et incommodes", permettent néanmoins de reconstituer le contexte économique, technique et surtout humain dans lequel se sont développés ces établissements favorisés par l’essor des transports, notamment ferroviaires, les progrès de la mécanisation impulsés par le recours à l’énergie vapeur et le regroupement de capitaux.
Entre les petites installations artisanales et les véritables "usines sucrières" dont le Nord et la Picardie peuvent encore offrir des témoignages contemporains, s’inscrivent des fermes modèles dont les propriétaires font figure d’entrepreneurs éclairés. Toutefois, nombreuses sont les réactions défavorables à cette production polluante : autant de contrastes qu’évoquera cette conférence largement illustrée.

Mardi 18 juin 2013 à 18h30 | Poissy
La Distillerie du Noyau de Poissy - 105 rue du Général de Gaulle, 78300 POISSY
Accès : Proche des Autoroutes A13 (sortie 7) et A14 (sortie Poissy).

Les prémices de l'industriallisation :
la manufacture de toiles peintes de Jouy

La porte de la manufacture par Pierre Antoine Labouchère. Gouache sur papier dans l’album "Dessins de la manufacture", Musée de la Toile de Jouy, inv. n°000.4.38.12, Legs Feray

Par Anne de Thoisy-Dallem, ancien conservateur du Musée de la Toile de Jouy et membre du Centre international d'études des textiles anciens (CIETA)

Créée à l’aube du XIXe siècle, la célèbre manufacture des toiles de Jouy a acquis une renommée rapide, grâce à la qualité des artistes concepteurs de cartons et à ses techniques d’impression. L’installation à Jouy constitue une étape décisive pour son développement au-delà des frontières.
Son fondateur, Christophe-Philippe Oberkampf, fait de cette maison, créée en 1760, une entreprise familiale florissante jusqu’en 1810. Par la suite un ensemble d’évènements entraîne un déclin progressif jusqu’à sa liquidation en 1843.

Néanmoins, l’alliance de la technicité et « les toiles dites à personnages en camaïeu » représentent encore aujourd’hui un patrimoine singulier dont le Musée de Jouy constitue un remarquable conservatoire.

Samedi 22 novembre 2012 à 18h | Musée de la Toile de Jouy
54, rue Charles de Gaulle - 78350 Jouy-en-Josas

Le Val de Seine, de Poissy à Bonnières, de 1840 à nos jours.
Une approche d'histoire culturelle

La cheminée d’usine (Paysage de Meulan), 1912, Roger de La Fresnaye, cp. DR

Par Gérard Monnier, professeur émérite de l'Université Paris I - Panthéon-Sorbonne

Les sites et les infrastructures – la Seine, et deux lignes de chemin de fer – participent à la construction de l’unité d’un territoire industriel, le Val de Seine, entre Poissy et Bonnières, qui n’a pas résisté à la phase de l’industrialisation désordonnée des années 1960.

L’auteur présentera les composantes, pour partie pérennes, pour partie éphémères, de cette aventure largement illustrée par les traces photographiques et picturales.

Mardi 15 janvier 2012 à 19h | Musée Promenade Marly-Louveciennes
La Grille-Royale - Parc de Marly - 78430 Louveciennes

Les Machines à vapeur dans les Yvelines entre 1826 et 1939

La pompe à feu de Marly de F.-C. Cécile et L. Martin. Dessin réalisé par Cécile, 1819. Archives des Yvelines, 2Q 438/9

Par Wilfrid Éon, attaché de conservation du patrimoine aux Archives des Yvelines

Les Yvelines comptaient plus d’un millier de machines à vapeur fixes au début de la Première Guerre mondiale. Bien que l’introduction de l’énergie vapeur se soit faite tardivement dans le département, la première pompe à feu réalisée par Cécile et Martin pour l’approvisionnement hydraulique de Versailles fut l’une des plus puissantes en Europe pour l’époque. L’usage de ces machines s’est ensuite systématisé dans tous les secteurs de l’industrie, de l’artisanat et des services publics.

Fierté de leurs propriétaires ou louées dans la presse, que reste-t-il de ces monstres de technologie ? De ces cheminées ? De ces bâtiments aux hautes fenêtres qui les abritaient ? Au milieu d’un désert patrimonial, la conservation intacte de la machine Farcot à Bonnière-sur-Seine tient quasiment du miracle.

Mardi 15 janvier 2012 à 19h | Musée Promenade Marly-Louveciennes
La Grille-Royale - Parc de Marly - 78430 Louveciennes

L'industrie métallurgique dans le Mantois

Vue actuelle des bâtiments de l'usine Singer de Bonnières-sur-Seine, © cl. O. Berget

Par Damien Bouchée, attaché de conservation du patrimoine, responsable des Archives
municipales de Mantes-la-Jolie

Apparues au tout début du XXe siècle, les premières fonderies mantaises ouvrent la voie à l'implantation d'usines plus importantes spécialisées dans la fabrication et la transformation de produits et de matériel. Les clients sont pour l'essentiel l'industrie et le transport, à l'image des établissements Singer, Driver-Harris, Sulzer ou encore de la Compagnie Industrielle du Matériel de Transport (C.I.M.T.). Si le développement de l'industrie métallurgique dans le Mantois apparaît concentré à la fois dans le temps (au cours des décennies du milieu du siècle dernier) et dans l'espace (à proximité de la Seine et du chemin de fer) ce secteur, qui emploie à son apogée plus d'un millier d'ouvriers, a largement contribué à l'industrialisation de ce territoire à l'ombre des grandes usines de construction automobile de la vallée de la Seine.
Sa disparition, aussi rapide que brutale, pose aujourd'hui la question de la préservation de ce patrimoine industriel.

Mardi 12 février 2013, 18h30-20h au Pavillon Duhamel
Square Brieussel-Bourgeois - 78200 Mantes-la-Jolie

L'automobile en Seine-et-Oise, 1890-1960

Les chaînes de montage de la "Dauphine"à l'usine Renault "Pierre Faucheux" de Flins, © Archives des Yvelines | 5Fi 349

Par Jean-Louis LOUBET, Professeur d’histoire contemporaine, Directeur du Laboratoire d’histoire économique, sociale et des techniques de l’Université d’Évry (CNRS)

Le lieu est fondateur pour une activité qui est devenue première au cours du XXe siècle. Durant des décennies, l’automobile a été dans notre région au cœur même de son processus d’émergence, puis du développement de l’industrie de grande série. Les marques de l’histoire ne sont pas seulement celles de firmes emblématiques comme Ford, Renault, Simca, Chrysler ou PSA Peugeot Citroën. Elles sont aussi celles de sites (Poissy et Flins) qui symbolisent des produits (Aronde, Dauphine, R5…) ancrés dans l’imaginaire, et qui n’auraient pu exister sans des femmes et des hommes qui ont consacré leur vie professionnelle à une activité longtemps motrice. La conférence souhaite évoquer ces temps glorieux de l’automobile dans les Yvelines.

Mardi 26 mars 2013, 18h30 à la CAAPY (Collection Aventure Automobile de Poissy)

212, boulevard Pelletier, 78955 Carrières-sous-Poissy

Les usines Pathé Marconi
Un siècle de production du disque à Chatou

Vue de la façade de l’usine Pathé Marconi, © J.B Vialles – ADAGP  - 1994

Par Jean-Luc RIGAUD, chercheur associé au centre d’histoire des techniques à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne. Il a publié récemment une étude sur le sujet de son exposé : Pathé Marconi à Chatou, de la musique à l’effacement des traces aux éditions Classiques Garnier. Jean-Luc RIGAUD est également Chargé de missions à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France

La création des premières usines phonographiques à Chatou en 1898 sous l’impulsion de Claude Grivolas va fixer pour un siècle une activité industrielle dans la petite ville de villégiature de la boucle de Seine qu’est Chatou à la fin du XIXe siècle. Après sa fusion avec la Columbia britannique et la création du groupe EMI, une nouvelle usine fut construite  à proximité des anciens établissements. Pathé Marconi est resté le leader incontesté de la production du disque en France jusque dans les années soixante-dix. À la suite de la crise économique, d’une concurrence devenue mondiale, de différents regroupements et de choix stratégiques contestables, l’usine Pathé Marconi de Chatou, ferme en 1992 pour être rasée  en 2004, laissant place à un ensemble immobilier. Comment cette usine Art déco, si fortement inscrite dans le paysage urbain a-t-elle pu disparaître sans laisser la moindre trace patrimoniale ? Rivalité des deux mémoires de la ville, Cité des Impressionnistes et haut lieu de la fabrication du disque, pression de la spéculation immobilière, mauvaise appréhension du patrimoine industriel ? Fin d’une histoire, début d’une réflexion…

Mardi 16 avril 2013 à 18h30 | CNEAI (Centre National Édition Art Image)

Ile des Impressionnistes – 2, rue du Bac, 78400 Chatou

Four et calcination de la pierre : les plâtreries et fours à chaux dans les Yvelines

La Platrière de Vaux-sur-Seine, © AD78 | 3Fi245 5

Par Nicolas ROGER, Assistant qualifié de conservation du patrimoine
aux Archives départementales des Yvelines

Brûler la pierre en vue d’en tirer de nouvelles substances minérales pour l’agriculture et le bâtiment est, depuis l’Antiquité, une activité artisanale courante.  La géologie du sous-sol yvelinois a permis aux fours à chaux et aux fours à plâtre d’exploiter cette richesse. Apparaissant en marge des actes d’achat ou de vente, la législation sur les installations dangereuses et insalubres apporte une soudaine visibilité à cette industrie au début du XIXe siècle. La chauffournerie yvelinoise apparaît cependant au moment où elle subit la concurrence de chaux de meilleure qualité produites dans d’autres régions françaises, bénéficiant du développement des moyens de transport. A l’inverse, le plâtre du massif de l’Hautil utilise abondamment la Seine pour étendre ses débouchés. Au XXe siècle, l’exploitation souterraine de ces bancs de pierre à plâtre décline mais le développement du ciment dans la construction permet désormais l’exploitation de nouveaux fours, accolés aux carrières de Gargenville et de Guerville, le long du fleuve. La Seine, la géologie et la proximité de Paris ont offert des débouchés naturels à cette industrie qui se renouvelle le long des siècles. Mais, ce renouvellement l’efface aussi du paysage patrimonial yvelinois.

Mardi 28 mai 2013 à 18h30 | Triel-sur-Seine

Le Parc aux Etoiles – 2 rue de la Chapelle, 78510 Triel-sur-Seine


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